Savoir interne : où en sommes-nous ? Par Annie Cottet

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Savoir interne : où en sommes-nous ? Par Annie Cottet

En Assemblée Générale, comme présidente de la SFCoach, je lançais en 2014, le projet intitulé « Savoir Interne » selon ces mots :

Dans la continuité du travail accompli par la SFCoach et dans la fidélité à notre identité, je vous propose de passer, en 2014, de l’étape du métier de coach en émergence à l’étape d’un savoir en émergence sur le métier. Le moment est venu où l’association, en quinze ans d’existence, peut faire émerger, constituer et diffuser le savoir interne de la SFCoach sur la pratique du coaching professionnel, son contexte d’exercice et les théories qui la sous-tendent.

(* Vous reporter au texte complet en annexe de l’article.)

Depuis six ans, autour d’Annie Cottet et de Francis Ortiz relayé par la suite par Pascal Pougnet, deux groupes de Savoir Interne ont été créés et travaillent sans discontinuer : le groupe intitulé « Pratique et théorisation du coaching professionnel au sein des sciences humaines » et le groupe intitulé « Coaching des organisations ».

L’histoire du groupe « Pratique et théorisation du coaching professionnel dans le monde des sciences humaines », piloté par Annie Cottet, se scinde en deux temps :

  • Un premier groupe, réuni de 2015 à 2018, constitué par Marie Cazès, Lydie Assier, Frédérique Magnani, Laurence Devillard et Fabrice Lezeau a réfléchi pendant deux ans et demi sur la pratique du coaching reliée aux théories de référence de chacun des participants et a édité en mars 2018 un livret de quatre-vingt-dix pages comprenant quatorze articles signés individuellement.

Le sommaire se répartit en deux thèmes : « La spécificité du coaching par rapport à d’autres modalités d’intervention en entreprise », réunissant neuf articles et « Mobiliser des corpus théoriques solides pour gérer la complexité », réunissant cinq articles.

La sortie du livret a donné lieu, en avril 2018, à une conférence interne à la SFCoach pour présenter les travaux et pour que chaque auteur d’article en débatte en toute liberté avec les auditeurs. La conférence a remporté un bon succès aussi le livret est toujours aujourd’hui remis aux postulant, associés et titulaires de la SFCoach.

  • Un deuxième groupe, réuni entre mi-2018 et 2020, piloté dans la continuité par Annie Cottet, constitué par Marie Cazès, Catherine Snyers, Claude Dennler et Daniel Migairou, travaille depuis le début sur la théorisation du coaching à distance, réflexion initiée et promise à l’issue du premier livret, bien avant le confinement, mais ô combien d’actualité.

Ce groupe aura édité dans quelques semaines un deuxième livret réunissant dix articles signés individuellement par les auteurs.

La réflexion est élaborée collectivement mais les articles sont signés par chaque auteur car ils y font référence aux théories propres à chacun et à l’approfondissement que leur permet l’écrit.

Nous avons accueilli avec plaisir en octobre 2020, deux nouveaux participants : Florence Lautredou et Philippe Vinot à qui nous souhaitons la bienvenue…

 


ANNEXE

Le projet « Savoir Interne » par Annie Cottet

Comme présidente de la SFCoach, je proposais en 2014 à tous les membres de notre association, le projet « Savoir Interne ». J’écrivais :

Dans la continuité du travail accompli et dans la fidélité à notre identité, je vous propose de passer en 2014, de l’étape du métier de coach en émergence à l’étape d’un savoir en émergence sur le métier. Le moment est venu où l’association, en quinze ans d’existence, peut faire émerger, constituer et diffuser le savoir interne de la SFCoach sur la pratique du coaching professionnel, son contexte d’exercice et les théories qui la sous-tendent.

Le savoir interne 

Rendre compte intelligiblement du métier, du processus de coaching, de la posture du coach, décrire en quoi consiste cette pratique délicate souvent exposée aux attentes différentes et évolutives des prescripteurs et des managers « prescrits ».

Aujourd’hui, rien n’empêche les 250 accrédités de l’association de créer un label du savoir sur le coaching d’entreprise pour faire exister cette profession à part entière dans l’univers des sciences humaines.

Où se situe maintenant, la reconnaissance professionnelle pour les coachs ?

Le livre, paru en 2006 chez Albin Michel, écrit par le psychanalyste et universitaire Roland Gori a révélé tout haut ce que pensent tout bas les psychanalystes, souvent universitaires, avec lesquels, nous sommes affiliés par notre champ d’intervention. Pour preuve, le titre du livre : « L’empire des coachs, une nouvelle forme de contrôle social ».

À nous d’analyser ces points de vue polémiques pour ne plus le subir, le système de l’entreprise produisant comme tout système humain, autant de mauvais que de bon sur le plan collectif et individuel.

À nous aussi d’accueillir et de traiter les critiques fondées en provenance du monde intellectuel car nous exerçons notre métier, rémunérés par l’entreprise et non par la personne coachée, au service de deux clients.

Les coachs de la première génération ont fait reconnaître ce métier par les clients, ils ont obtenu la reconnaissance de la SFCoach comme association de référence.

Les coachs de la deuxième génération auront à imposer, aux yeux de leurs pairs des autres disciplines des sciences humaines, un métier qui intervient dans un secteur commercial et hiérarchisé, dont les coachs tirent directement leur rémunération.

Ainsi, par la construction d’un savoir explicite sur le métier, les coachs se donneront les moyens de disposer d’une analyse du contexte dans lequel ils exercent, de sa complexité économique et humaine et de la position qu’ils assument face à deux clients.

Ils auront à être reconnus dans leur appartenance aux sciences humaines par les sociologues, les économistes, les historiens,  les psychologues, les psychanalystes, les thérapeutes familiaux ou tout autre praticien de ce champ d’intervention.

C’est à leurs yeux dubitatifs que les coachs de la deuxième génération auront à se constituer comme une profession à part entière exerçant son art éclairé dans le lieu privilégié de l’homme contemporain au travail, entre aliénation sociale et émancipation, entre conflit et concurrence, entre échec et réussite, entre souffrance et liberté.

L’entreprise est devenue, malgré sa mauvaise réputation, le lieu central de l’identité professionnelle, sociale et souvent personnelle de chacun des salariés qui y font carrière ; le lieu d’un épanouissement espéré, quelque fois déçu ou réussi, à l’origine d’autant de joies et de profondes satisfactions personnelles et collectives que de blessures ou d’incompréhensions douloureuses.

Dans cette perspective, les coachs peuvent entreprendre à l’intérieur de l’association, le travail d’élaboration de leur métier. Consolider la SFCoach de l’intérieur par l’existence de groupes de réflexion, c’est augmenter la qualité de nos liens associatifs et professionnels et c’est aussi construire le rapport réfléchi à notre pratique.

C’est amplifier, vu de l’extérieur, la force d’une association de praticiens avertis qui remettent sans cesse l’ouvrage sur le métier.

L’élaboration du savoir et le resserrement des liens internes

– Constituer des groupes de travail autour de thèmes choisis qui seront le fil conducteur de la réflexion.

– Ces réflexions pourront être fertilisés par la coopération de chercheurs ou professionnels extérieurs dont la discipline intéresse le thème de travail choisi.

– Scander cette réflexion collective par des regroupements réguliers qui serviront à s’informer mutuellement des travaux en cours et des perspectives de communication de ces travaux.

– Rendre public ces travaux sous le label SFCoach par la mise en place d’un comité de lecture : « Les cahiers de la SFCoach » deviendront une nouvelle rubrique du site internet, lue par d’autres professionnels et nos clients.

Annie Cottet

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