Comptes-rendu de conférences |
||||
Les comptes-rendus de conférences
Pour compléter notre vision des choses, il était essentiel d'avoir le témoignage d'un supervisé, ce qu'a bien voulu faire Joël Brugalières avec beaucoup d'authenticité :
La
soirée s'est continuée par un débat de haute qualité entre les
intervenants et la salle, sous la houlette de Philippe Bigot, modérateur
de la soirée. Parmi les questions abordées : Malgré
les différences de style et d'école, j'en ai tiré comme conclusion
que la supervision est vraiment indispensable : "Le
Manager-Coach existe t-il ?" Les
intervenants :
Introduction
par Joël BRUGALIERES, qui a rappelé des statuts de la SF Coach.
Il a annoncé que la prochaine soirée sera le 25 juin sur le thème
" Choisir son coach ". Manager coach Histoire de la " conception " du séminaire. Marie-Odile et moi-même sommes depuis 20 ans formatrices en management et en développement personnel. Nous nous sommes formées au coaching en 94 et nous avons intégré d'emblée nos acquis à notre pratique professionnelle. Nous nous sommes donc attachées, en particulier à travers les problèmes apportés par nos stagiaires, • en premier lieu, à diagnostiquer les difficultés que la personne éprouvait face au problème plus qu'au problème lui-même • en second lieu, à aider la personne à prendre conscience du type de difficulté qu'elle rencontrait • enfin, à partir de cette prise de conscience, à chercher ou mieux à l'aider à chercher des solutions à son problème. En synthèse, nous pouvons dire que nous avons adopté une nouvelle posture qui était de prendre en compte la personne par rapport à sa difficulté plus que la difficulté elle-même. Par exemple, si une personne nous parle de difficulté à déléguer, il s'agit de la faire réfléchir sur ses freins personnels à la délégation : • S'agit-il d'un manque de confiance dans ses collaborateurs ? • D'un excès de perfectionnisme qui rend le résultat toujours décevant ? • Ou d'une incapacité à expliquer une mission ? et le diagnostic ainsi posé, d'entreprendre avec elle un travail d'acceptation et d'évolution. Nous avons aussitôt constaté que la sensibilité des managers à cette nouvelle posture était forte. Nous avons eu envie de la leur transmettre d'autant plus que la presse managériale américaine parlait depuis plusieurs années du rôle de coach du manager. Pour ce faire, nous avons conçu un stage de 4 jours destiné à faire acquérir aux managers les fondamentaux du coaching. Pour s'adapter au mode de fonctionnement des managers ( centré sur le pragmatisme et l'action ), nous avons donné la priorité à l'apprentissage par l'expérimentation en centrant l'essentiel du stage sur l'acquisition sur cette fameuse posture, sur la manière de poser les questions, l'écoute active, le diagnostic, l'aide à la prise de conscience et la recherche d'options. Evidemment nous avons essayé de rester réalistes car nous étions conscientes de l'ambiguïté pour un manager de " coacher " ses collaborateurs : en effet comment concilier pour lui sa fonction d'autorité et celle de coach ? Comment peut-il garder la neutralité suffisante pour coacher ses collaborateurs surtout quand ceux-ci rencontrent des problèmes relationnels ? Et nous avons pris soin d'aider les managers à intégrer l'approche coaching avec un objectif limité : celui d'accompagner les personnes à s'adapter dans leur poste. Sans transition je passe la parole à Marie-odile qui va vous parler de nos expériences de formation Pourquoi le séminaire a marché ? Les attentes des participants La venue au stage " Manager coach " était motivée par un constat du type " les personnes évoluent autour de moi, suis-je au point et armé pour accompagner ces évolutions ? " Quand les managers s'inscrivent à ce type de formations, c'est aussi parce qu'ils sentent qu'ils ne peuvent plus faire face à certaines situations liées à des changements Dans la structure Dans leurs équipes (recrutement, maintien à niveau, motivation) 2 types d'attentes sont exprimées au démarrage des formations : • Développer l'autonomie : mettre en place une vraie délégation • Gérer les conflits (de priorités, de relations) Egalement, des attentes latentes de type " me réaffirmer dans un contexte troublé ", " retrouver un équilibre entre mon rôle de hiérarchique et un rôle plus proche " Dans les coachings individuels : les attentes peuvent être plus personnelles, mais le travail des séances répond aussi à des demandes du type : • Comment faire pour appliquer dans mon contexte professionnel ce qui se passe entre mon coach et moi ? • En travaillant les situations : je réalise que d'autres que moi sont impliqués, et que la relation que j'ai avec le coach est révélatrice de celles que j'ai avec les personnes dans mon équipe Comment nous travaillons dans le séminaire : Globalement ce changement de posture évoqué par Bénédicte passe aussi par un renforcement de la " souplesse " comportementale du manager. Celle-ci se travaille autant dans l'aspect "face à face" que dans l'aspect "coaching d'équipe". Cette souplesse repose sur 2 types d'entraînement : 1. Aider à prendre conscience de ses comportements et des croyances liées à ces comportements (sur le rôle de manager : ce que je peux faire et ne peux pas faire) A titre d'illustrations : L'exercice sur " son portrait en tant que manager " aide à identifier les perceptions que les autres se font de soi dès le premier contact et aussi le mode de management utilisé habituellement. Cet exercice peut également être utilisé pour faire prendre conscience des a priori dans une relation (ce que je crois que les autres attendent de moi). Un autre exercice consiste à développer la qualité d'écoute. Il a pour consigne " interdit de donner des solutions " à la personne qui nous décrit une situation qui lui pose problème. C'est souvent pour les managers " directifs " un apprentissage rude mais éclairant des limites qu'ils posent eux-mêmes à une relation hiérarchique. Plus globalement la démarche utilisée pendant le séminaire repose sur le développement de l'autonomie, à travers le renforcement des compétences relationnelles. L'utilisation, lors de jeux de rôles d'entretien, de la grille RPBDC formalisée par Vincent LENHARDT, permet aux managers de distinguer le problème et le besoin, et surtout de formaliser un contrat. 2. S'appuyer sur les phases de développement d'une équipe Nous utilisons, pour renforcer le rôle de coach d'équipe du manager, la démarche " Elément Humain " mise au point par Will SCHUTZ, qui consiste à analyser à la fois la façon dont les fonctions d'une équipe ou d'une organisation sont dépendantes l'une de l'autre (centralité) et le mode de fonctionnement relationnel des personnes qui occupent ces fonctions (compatibilité). Cette démarche permet également de repérer les grandes phases de développement d'une équipe au travail : inclusion (travailler les uns avec les autres, occuper une place reconnue), influence (prendre en charge ou être pris en charge dans ses missions), ouverture (se sentir apprécié et reconnu dans son activité) Comment les personnes progressent dans le séminaire : La prise de conscience de ses croyances facilite la mise en œuvre de comportements plus souples. 1. Par exemple, " si je réalise qu'en tant que manager, je suis plutôt dans un mode de management directif, je comprends pourquoi j'ai tendance à ne pas écouter, à remettre en cause la perception de la situation décrite par mon collaborateur, ou encore à ne pas vivre pleinement la phase d'inclusion avec mon équipe ". Certains managers décident ainsi de modifier des aspects de leur comportement, par exemple de faire parler leurs collaborateurs de leur intérêt pour leur fonction et de la façon dont ils se situent au sein de l'équipe. Je me souviens ainsi d'une responsable qui devait accompagner la fusion de deux équipes partageant un passé troublé par des conflits, et qui avait décidé de les faire parler de ce qu'ils étaient prêts à s'apporter mutuellement. 2. De même " si je fonctionne plutôt en mode de management persuasif, je vais avoir tendance à proposer immédiatement des solutions à un problème, sans percevoir ce qu'il a de répétitif. Je m'épuiserai donc dans des solutions qui ne seront jamais mises en œuvre par mes collaborateurs ". Prendre conscience de ses limites dans ce mode de management revient donc à accepter de n'être plus " le recours obligé mais jamais entendu " de ses collaborateurs 3. Concrètement encore, les managers peuvent choisir de fonctionner au sein de leur équipe dans • un climat d'inclusion renforcée(faciliter les contacts entre personnes de l'équipe, entre l'équipe et d'autres équipes) : par exemple, créer un système de communication partagé, qui donne à voir les résultats de l'équipe à l'extérieur • un climat de partage du pouvoir : par exemple transmettre son expertise, ou encore élargir à l'équipe la contribution aux décisions qui ont un impact sur les projets • plus d'ouverture : dire et exprimer les idées, les opinions, voire les émotions, par exemple renforcer son rôle de régulateur, ou encore, utiliser des feed back spécifiques pour développer les compétences et l'autonomie des personnes. Etre manager coach signifie donc : un travail sur soi - prendre conscience de ses comportements et de leurs effets sur les autres -, une réflexion sur ses façons d'être manager de son équipe : ce que je priorise, comment j'agis sur le développement professionnel de mes collaborateurs, ou encore comment je peux encourager certaines initiatives sans avoir peur d'y perdre de mon pouvoir. Ce qui change après une formation "manager coach" ou " y a t-il aujourd'hui des managers qui sont aussi coach de leurs équipes ? " Les résultats obtenus Nous avons mené une enquête en juillet 2000 auprès de 90 managers qui avaient suivi la formation entre mars 98 et nov 99 Les résultats sont à nuancer car les 90 managers étaient des personnes demandeuses de cette formation donc ayant déjà un préjugé favorable sur ce type d'approche ; Sur les 90 personnes, 54 ont répondu au questionnaire. Les retombées significatives : Au niveau coaching individuel 9 ne le pratiquent pas ( soit elles ne sont pas dans les conditions, soit elles n'ont pas été convaincues par la démarche ) 16 le pratiquent de façon informelle dans la manière de traiter les problèmes apportés par les collaborateurs ou dans les demandes. 25 le pratiquent de façon formelle ( plusieurs entretiens, mise en place d'un contrat d'objectifs, utilisation de méthodes acquises dans la formation ) dans les cas suivants : • intégration d'un nouveau collaborateur en premier emploi ou venant de l'extérieur • aide à l'évolution d'une personne confrontée à un changement d'organisation • résolution de problèmes techniques ou d'organisation • transfert des savoir-faire • remobilisation d'une personne en période de crise • pour faire comprendre l'importance de l'action menée et le rôle de chacun. Au niveau du coaching d'équipe 23 ne le pratiquent pas 30 ont mis en place des actions pour faire évoluer leur équipe entre autre : • clarification des fonctions dans l'équipe ( citée 9 fois ), • amélioration du système de réunions ( citée 12 fois ) • mise ne place en concertation de procédure de communication et d'informations ( citée 5 fois ) • accompagnement de projet ( citée 4 fois ) Mode de management 13 n'ont pas modifié leur manière de manager : 8 avaient un mode de management proche du mode de management centré sur la personne auquel incite le manager coach, 2 ont du mal à renoncer à leur position d'expert, 3 n'ont pas été convaincus 41 ont modifié leur manière de manager en se centrant sur les personnes et le développement de leurs compétences/autonomie et ainsi : • ont un meilleur dialogue avec leurs collaborateurs avec davantage de réciprocité et égalité ( 54%) • savent mieux respecter l'autonomie de leurs collaborateurs ( 46%) • identifient les facteurs d'implication et de blocage des collaborateurs (39%) • s'intéressent davantage aux préoccupations professionnelles ( perspectives d'avenir par exemple ) de leurs collab ( 32%) • ont plus de considérations pour leurs coll. (24%) • évitent davantage les relations de pouvoir (17%) En conclusion, les managers disent qu'ils ont intégré l'approche dans des situations bien ciblées. On peut également constater qu'ils constatent qu'ils ont changé dans les aspects relation à l'autre et échange. Il y a un véritable " développement " personnel des managers ceci d'autant plus qu'ils citent comme principal frein au coaching leur peur de manipuler leurs collaborateurs. --> 4ème Intervention : Un projet mené à Amiens dans les Musées La mise en pratique était difficile. Le Musée devait se réorganiser. Une première étape s'impose : un projet écrit, qui déjà heurtait le mode de fonctionnement habituel. Elle a reconnu qu'elle avait besoin d'accompagnement. Elle voulait évoluer dans la formalisation du projet et dans l'optimisation des méthodes. Le procédé : 1) Diagnostic de l'équipe 2) Contrats de méthode. Ce n'était pas ( " PC "???) syndicalement. Elle reconnaît qu'elle a du s'engager à titre personnel dans cette démarche " réciproque ". 3) Établir les règles. Il y a un climat de partage de décision, mais la responsabilité de clarifier les règles lui appartenait en tant que responsable. 4) Accompagnement et non encadrement. Dans le contexte de la fonction publique, ce n'était pas évident. Son commentaire : Cette approche était toute nouvelle pour elle. L'ordre du jour, le feedback, mettre l'accent sur ce qui allait… elle a du s'habituer. Tout le monde ne vivait pas ce changement en même temps, donc elle devait veiller sur la cohérence Elle s'est posé la question : " Pourquoi m'embêter à faire cela ? " Il y avait beaucoup de travail, donc pour quoi ? Elle ne regrette rien et elle estime avoir gagné une certaine maturité dans son style de management grâce à cette approche. --> QUESTIONS ET REPONSES : Questions : " Il y a des actions, pas de l'action. " La personne demandait si cette pratique développée en entreprise pouvait être appliquée dans les champs d'un changement familial ? Jean-Claude LANGE : En ce qui concerne l'action, il y a une mise en question. On interpelle l'autre sur ce qu'il a fait. Il y a une découverte. Pascale THEOBALD : C'est l'autre qui le fait, pas nous. Bénédicte GAUTIER : Elle a donné l'exemple d'un problème de l'orthographe de sa fille à l'école. " La maîtresse m'a stressé. Je n'ai pas lu. " Oui, elle pense que cette approche est applicable. Commentaires : La personne s'est insurgée contre l'utilisation du mot "coach" qui remplacerait "bon". Elle voulait savoir, quelle était la différence entre le coaching et la formation ? Elle trouvait qu'il n'y avait pas une définition assez précise du coaching. Joël BRUGALIERES : SF Coach vous donne une réponse dans ses statuts. Françoise CICUREL : Des entreprises anglo-saxonnes ne se posent pas cette question. Ils demandent que leurs managers intègrent ces qualités. Elle a employé le terme " maïeutique " Pascale THEOBALD : Elle a repris l'analogie de Bénédicte GAUTIER sur l'influence d'une maîtresse de l'école… mais pour le bien. "Vous vous rappelez des 2, 3 maîtresses qui vous avaient marqué dans votre vie ? " Notre mission est d'aider à développer le potentiel [des managers dans les entreprises]. Nicolas DEMEY : Un manager - coach… Peut-il être coach ? Ce sont deux mots étonnants. Il y a le rapport subordonnné-sujet. Mais le manager n'est pas un tiers. Il appartient au même système. C'est une relation particulière avec le coaché. Peut-il être manager ? Il est responsable. Il a de l'autorité sur l'autre. Est-ce qu'il peut se remettre en question ? Il défausse son autorité sur les procédures. Pascale THEOBALD : Le manager peut évoluer. Il n'est pas dans une relation d'autorité tout le temps. S'il intervient avec une casquette de manager, il faut être clair. Une précaution : le manager a le pouvoir d'évaluation, donc il y a une question de limite. Une responsable de CITROEN-PSA : Nous faisons des stages comme la conduite de réunion. Il faut accompagner le manager, mais il faut qu'il ait conscience des orientations, qu'il y ait une adhésion aux orientations du groupe. Alors, avec des commerciaux, comment intégrer cette notion de " plaisir " quand il y une pression de résultats. Enfin, comment être Manager-Coach quand il y a une telle pression de résultats ? Pascale THEOBALD : On laisse des plumes. Jean-Claude LANGE : On ne peut pas accorder des mots anglo-saxons au français. Il faut inventer nos propres termes. Malraux a bien dit, " Mal nommez des choses et vous rajoutez au malheur du monde. " Françoise CICUREL : Chez DIGITAL nous avons commencé par des commerciaux. Une responsable de la SOCIETE GENERALE : Elle voulait préciser la durée du suivi sur le terrain après le séminaire de 4 jours animé par Bénédicte GAUTIER et Marie Odile VERVISCH, qui est plus long [non-précisée].
Points
principaux |