Compte-rendu du débat

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Conférence sur la Supervision 26 mars 2002
Compte-rendu du débat


Réalisé par Olivier Loustalan

N-B : Pour la facilité de lecture, le compte-rendu a été rédigé en style direct. Mais, bien que j'ai essayé d'être le plus fidèle possible à ce qui a été dit, je tiens à souligner qu'il ne s'agit pas d'une retranscription mot à mot et complète du débat.

- Jane Turner, Olivier Devillard, vous avez exprimé des points de vue différents sur la nécessité ou pas pour un coach et son superviseur d'avoir un cadre de référence et des modèles théoriques communs. Pouvez-vous débattre sur vos divergences ?

Jane Turner :

J'ai fait la distinction entre supervision technique et supervision relationnelle.
Dans la supervision technique, il me paraît indispensable de partager les modèles techniques et le cadre de référence.
Dans la supervision relationnelle, ce n'est absolument pas nécessaire. On peut même prendre dans ce cas quelqu'un qui ne connaît rien au coaching.
Il faut profiter du fait que le superviseur qui ne connaît pas le contexte. C'est comme cela qu'on arrive à s'étonner… à se faire étonner.

Olivier Devillard :

Pour moi, dans la supervision, l'essentiel est toujours dans le comportement du coach par rapport à la personne coachée. On travaille sur la profondeur et la largeur de l'entendement, sur le point aveugle.
Un exemple: un coach relate un entretien ; son client a raconté comment il a donné sa démission et a conclu en disant : " je me suis cassé ! ". J'ai fait remarquer au coach le double sens : " je suis parti " et " je me suis démoli ". Nous avons pu ainsi mettre à jour une voie qu'il n'avait pas perçu.
Finalement, ma conception de la supervision est voisine de ce que Jane appelle la supervision relationnelle. Donc, il n'y a pas vraiment divergence.

- Le superviseur peut-il être le référent ?

Olivier Devillard :

C'est une vraie question et je n'ai pas de réponse. Le danger peut être que le superviseur référent devienne un " gourou ". Il faut une éthique très forte.

Roland Brunner :

Le choix du superviseur est un acte tout à fait personnel qui doit être fait en fonction de ses besoins.

- Un très bon coach peut-il être un mauvais superviseur ?

Jane Turner :

C'est tout à fait vrai, de la même manière qu'un très bon praticien peut faire un mauvais formateur et inversement. Il est essentiel de comprendre que c'est la demande qui fait émerger ce rôle de superviseur : une personne qui se révèle un médiocre superviseur n'aura rapidement plus de demande.


- Quel bornage faites-vous entre formation, coaching, supervision et thérapie ?

Olivier Devillard :

La formation est du domaine du savoir, du savoir-faire.
La supervision est du domaine du savoir-être coach.
Le coaching a un objectif précis, comportemental ou situationnel. On ne doit pas laisser monter le transfert.
En thérapie, on travaille sur la structure psychique.
Au cours d'un coaching, on est souvent sur un fil par rapport à la thérapie.

Roland Brunner :

En coaching, on ne travaille pas sur les structures psychiques. Par contre, on peut les identifier. Il faut que le coach sache jusqu'où aller. La supervision sert justement quand on a des doutes.

Olivier Devillard :

Je n'ai jamais franchi la limite entre coaching et thérapie. D'ailleurs, j'ai 2 cabinets différents, un comme psychothérapeute, l'autre comme coach : ils sont aux deux bouts de Paris !

Roland Brunner :

Je fais des réserves sur la distinction. Le coaching peut avoir des effets thérapeutiques alors que le coach a bien veillé à ne pas faire de thérapie.

Jane Turner :

Dans le coaching, il peut y avoir une réorganisation de la psyché qui se produise naturellement par la qualité de l'accompagnement. Mais ce n'est pas l'objectif.

Joël Brugalières :

Dans chacun des cas, il y a une demande différente et un but différent. Quand je me fais superviser, je ne cherche pas à voir les choses sous un angle psychologique. Il est vraiment essentiel de clarifier la demande.
J'ai interrompu un coaching, financé par l'entreprise dans laquelle je travaillais, parce que le coach avait une approche trop psy. Cela ne correspondait pas à ma demande et j'étais mal à l'aise à l'idée que l'entreprise paye pour mon analyse.

- Quelles distinctions faites-vous entre supervision et psychothérapie ?

Joël Brugalières :

Encore une fois c'est une question de demande et de but qu'on cherche à atteindre. Par exemple, face à un problème que je pourrais avoir avec le pouvoir, je le traiterais avec mon superviseur s'il gênait ma pratique de coach ; si le problème allait plus loin, je le traiterais en thérapie ; d'ailleurs, mon superviseur pourrait me le suggérer !

Olivier Devillard :

Je crois que mon aptitude à la supervision vient en grande partie de mon métier de thérapeute. Mais c'est la différence de la demande qui fait la différence de l'intervention. Par exemple, si on rencontre un problème, par exemple par rapport à l'autorité, dans la supervision on va le détecter, dans la thérapie on va le traiter.

Roland Brunner :

C'est vraiment le choix entre 2 techniques. La demande explicite est plus souvent pour du coaching ou de la supervision tout simplement parce que c'est moins impliquant qu'une thérapie. En fait, la demande de coaching peut être une demande de thérapie déguisée.

- Quelle est la différence entre superviseur et super coach ?

Olivier Devillard :

Ce n'est pas le même métier, ce n'est pas la même demande. Ils s'adressent à des populations différentes : le superviseur à des coachs, le super coach à des hauts dirigeants.

- Quels sont les critères de choix d'un superviseur ? Va t'il y avoir une titularisation des superviseurs ?

Lynne Burney :

La question ne s'est pas encore vraiment posée. Mais la SFCoach est une organisation qui se construit en marchant. Alors, pourquoi pas dans le futur ?


 

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