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Réalisé
par Olivier Loustalan
N-B
: Pour la facilité de lecture, le compte-rendu a été rédigé en
style direct. Mais, bien que j'ai essayé d'être le plus fidèle
possible à ce qui a été dit, je tiens à souligner qu'il ne s'agit
pas d'une retranscription mot à mot et complète du débat.
- Jane Turner, Olivier Devillard, vous avez
exprimé des points de vue différents sur la nécessité ou pas pour un
coach et son superviseur d'avoir un cadre de référence et des modèles
théoriques communs. Pouvez-vous débattre sur vos divergences ?
Jane Turner :
J'ai
fait la distinction entre supervision technique et supervision
relationnelle.
Dans la supervision technique, il me paraît indispensable de partager
les modèles techniques et le cadre de référence.
Dans la supervision relationnelle, ce n'est absolument pas
nécessaire. On peut même prendre dans ce cas quelqu'un qui ne
connaît rien au coaching.
Il faut profiter du fait que le superviseur qui ne connaît pas le
contexte. C'est comme cela qu'on arrive à s'étonner… à se faire
étonner.
Olivier
Devillard :
Pour
moi, dans la supervision, l'essentiel est toujours dans le
comportement du coach par rapport à la personne coachée. On
travaille sur la profondeur et la largeur de l'entendement, sur le
point aveugle.
Un exemple: un coach relate un entretien ; son client a raconté
comment il a donné sa démission et a conclu en disant : " je me
suis cassé ! ". J'ai fait remarquer au coach le double sens :
" je suis parti " et " je me suis démoli ". Nous
avons pu ainsi mettre à jour une voie qu'il n'avait pas perçu.
Finalement, ma conception de la supervision est voisine de ce que Jane
appelle la supervision relationnelle. Donc, il n'y a pas vraiment
divergence.
-
Le superviseur peut-il être le référent ?
Olivier Devillard :
C'est
une vraie question et je n'ai pas de réponse. Le danger peut être
que le superviseur référent devienne un " gourou ". Il
faut une éthique très forte.
Roland
Brunner :
Le
choix du superviseur est un acte tout à fait personnel qui doit être
fait en fonction de ses besoins.
-
Un très bon coach peut-il être un mauvais superviseur ?
Jane
Turner :
C'est
tout à fait vrai, de la même manière qu'un très bon praticien peut
faire un mauvais formateur et inversement. Il est essentiel de
comprendre que c'est la demande qui fait émerger ce rôle de
superviseur : une personne qui se révèle un médiocre superviseur
n'aura rapidement plus de demande.
- Quel bornage faites-vous entre formation,
coaching, supervision et thérapie ?
Olivier Devillard :
La
formation est du domaine du savoir, du savoir-faire.
La supervision est du domaine du savoir-être coach.
Le coaching a un objectif précis, comportemental ou situationnel. On
ne doit pas laisser monter le transfert.
En thérapie, on travaille sur la structure psychique.
Au cours d'un coaching, on est souvent sur un fil par rapport à la
thérapie.
Roland
Brunner :
En
coaching, on ne travaille pas sur les structures psychiques. Par
contre, on peut les identifier. Il faut que le coach sache jusqu'où
aller. La supervision sert justement quand on a des doutes.
Olivier
Devillard :
Je
n'ai jamais franchi la limite entre coaching et thérapie. D'ailleurs,
j'ai 2 cabinets différents, un comme psychothérapeute, l'autre comme
coach : ils sont aux deux bouts de Paris !
Roland
Brunner :
Je
fais des réserves sur la distinction. Le coaching peut avoir des
effets thérapeutiques alors que le coach a bien veillé à ne pas
faire de thérapie.
Jane
Turner :
Dans
le coaching, il peut y avoir une réorganisation de la psyché qui se
produise naturellement par la qualité de l'accompagnement. Mais ce
n'est pas l'objectif.
Joël
Brugalières :
Dans
chacun des cas, il y a une demande différente et un but différent.
Quand je me fais superviser, je ne cherche pas à voir les choses sous
un angle psychologique. Il est vraiment essentiel de clarifier la
demande.
J'ai interrompu un coaching, financé par l'entreprise dans laquelle
je travaillais, parce que le coach avait une approche trop psy. Cela
ne correspondait pas à ma demande et j'étais mal à l'aise à
l'idée que l'entreprise paye pour mon analyse.
-
Quelles distinctions faites-vous entre supervision et psychothérapie ?
Joël Brugalières :
Encore
une fois c'est une question de demande et de but qu'on cherche à
atteindre. Par exemple, face à un problème que je pourrais avoir
avec le pouvoir, je le traiterais avec mon superviseur s'il gênait ma
pratique de coach ; si le problème allait plus loin, je le traiterais
en thérapie ; d'ailleurs, mon superviseur pourrait me le suggérer !
Olivier
Devillard :
Je
crois que mon aptitude à la supervision vient en grande partie de mon
métier de thérapeute. Mais c'est la différence de la demande qui
fait la différence de l'intervention. Par exemple, si on rencontre un
problème, par exemple par rapport à l'autorité, dans la supervision
on va le détecter, dans la thérapie on va le traiter.
Roland
Brunner :
C'est
vraiment le choix entre 2 techniques. La demande explicite est plus
souvent pour du coaching ou de la supervision tout simplement parce
que c'est moins impliquant qu'une thérapie. En fait, la demande de
coaching peut être une demande de thérapie déguisée.
-
Quelle est la différence entre superviseur et super coach ?
Olivier
Devillard :
Ce
n'est pas le même métier, ce n'est pas la même demande. Ils
s'adressent à des populations différentes : le superviseur à des
coachs, le super coach à des hauts dirigeants.
-
Quels sont les critères de choix d'un superviseur ? Va t'il y avoir une
titularisation des superviseurs ?
Lynne
Burney :
La
question ne s'est pas encore vraiment posée. Mais la SFCoach est une
organisation qui se construit en marchant. Alors, pourquoi pas dans le
futur ?

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